Tu sais, avant de devenir conseillère d’orientation, j’ai déjà reçu une rétroaction qui m’a vraiment marquée… mais pas pour les bonnes raisons.
La personne qui me faisait cette rétroaction s’appuyait sur très peu de faits. Les reproches étaient flous, et surtout, il n’y avait aucune piste pour m’aider à m’améliorer. Je me suis sentie plus chicanée qu’accompagnée, un peu comme si j’étais redevenue une enfant.
Ce moment-là a eu un réel impact sur mon estime. Et même aujourd’hui, quand j’y repense, ça vient encore me chercher.
Je suis sortie de cette rencontre avec un sentiment d’injustice, l’impression que ce n’était pas fondé… et surtout, sans avoir senti que cette personne avait réellement à cœur mon développement ou mon bien-être professionnel.
Ça m’a fait réaliser à quel point une rétroaction peut avoir un impact… et surtout, à quel point la façon de la donner change tout.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de te parler de comment faire une rétroaction qui aide réellement, plutôt que de nuire.
L’importance de choisir le bon moment
On va se le dire : donner une rétroaction, ce n’est pas toujours facile et souvent inconfortable.
Tu sais qu’il y a quelque chose à dire… mais tu hésites. Tu ne veux pas blesser, créer un malaise ou briser la relation. Alors tu repousses. Ou tu choisis de ne rien dire du tout. Le problème, c’est que ce que tu évites sur le coup peut finir par te coûter plus d’énergie à long terme. Les irritants s’accumulent, les non-dits aussi, et la situation ne s’améliore pas vraiment.
À l’inverse, intervenir sur le coup sans avoir pris de recul peut faire en sorte que ton message sorte plus brusquement que tu le voudrais, ou qu’il soit teinté par la frustration du moment. C’est souvent là que la discussion dérape un peu, même si ton intention de départ était bonne.
L’idée, c’est donc de trouver un certain équilibre : être assez proche de la situation pour que ce soit clair dans ta tête, tout en te donnant juste assez de recul pour te calmer, clarifier ce que tu veux dire et éviter que ça sorte tout croche.
Dire les choses clairement… sans attaquer la personne
Pour qu’une rétroaction soit bien reçue, l’intention derrière ton message est essentielle. L’objectif, ce n’est pas de pointer du doigt, mais d’aider l’autre à s’améliorer. Autrement dit, la personne doit sentir que tu es là pour soutenir, pas pour juger.
Une des clés, c’est de rester centré sur ce qui s’est passé et non sur la personne. Tu parles du comportement, pas de “qui elle est”.
Avant même la discussion, prendre un petit moment pour te préparer peut vraiment t’aider à réfléchir sur :
- ton intention
- la situation ou le contexte
- ce que tu as observé concrètement
- les impacts que ça a eus
Finalement, une rétroaction gagne à se terminer par une demande claire et concrète: ce que tu aimerais voir différent ou ce dont tu aurais besoin pour que la situation s’améliore. Tu peux aussi déjà réfléchir à des pistes de solution ou à des façons d’offrir ton soutien, si c’est pertinent.
Créer un espace d’échange
Pour rendre le tout efficace et agréable, c’est aussi important de créer un espace pour impliquer l’autre dans la discussion. Prendre le temps de lui demander comment il voit la situation, s’il comprend ton point de vue ou s’il voit des solutions permet d’augmenter sa motivation à s’engager dans le changement.
Donc, plus ton message est clair, concret, respectueux et orienté vers des solutions, plus tu augmentes les chances qu’il soit réellement utile, facile à comprendre… et à accepter.
Bref, ce n’est pas simple, mais ça en vaut vraiment la peine
Donner une rétroaction ne sert pas seulement à corriger une erreur. Bien utilisée, elle peut :
- Soutenir la motivation et l’engagement
- Renforcer le sentiment de compétence
- Favoriser l’autonomie et la progression
- Améliorer la performance et la créativité
- Éviter que certaines situations problématiques s’installent
C’est donc bien plus qu’une simple critique. C’est un outil de développement, autant pour la personne que pour l’équipe.
En prenant le temps de bien le faire, tu peux non seulement aider l’autre à s’améliorer, mais aussi contribuer à des relations plus claires, plus saines… et souvent beaucoup plus harmonieuses au quotidien.
Sources : Les essentiels de la rétroaction constructive (PDF), site ctreq. Les clés d’une rétroaction constructive réussie, UQAM (2021) (PDF). La rétroaction et l’art d’exprimer son message de façon constructive, site UdS.




