Dans mon travail, j’accompagne souvent des gens qui veulent retrouver du sens dans leur vie professionnelle. Parce que même en travaillant dans un domaine qu’on aime, il arrive qu’on perde de vue pourquoi on le fait, ou ce qu’on veut vraiment en retirer. C’est normal : nos besoins, nos valeurs et notre vision du travail évoluent.
Alors aujourd’hui, j’avais envie de te parler du sens du travail et de comment tu peux raviver ta motivation quand ton travail ne t’allume plus autant qu’avant.
Pourquoi on travaille?
Pendant longtemps, le travail a surtout été une question de survie. Il fallait nourrir sa famille, payer les factures, assurer le quotidien. Travailler, c’était une nécessité — et souvent, une obligation vécue avec plus de résignation que de plaisir.
Aujourd’hui, le travail ne sert plus seulement à combler nos besoins de base. Pourtant, il reste une norme sociale forte. Ne pas travailler est encore souvent perçu comme marginal. Le travail conserve donc une valeur symbolique importante : il est lié à la réussite, à la contribution, à la reconnaissance. Bref, il occupe une place centrale dans notre identité et dans la manière dont la société s’organise.
Est-ce que tu t’es déjà demandé pourquoi tu travailles?
Pour l’argent? Par obligation? Pour te sentir utile? Pour t’accomplir, te développer, ou parce que tu crois à la mission de ton organisation?
Cette question est essentielle, car le travail n’a de sens que s’il résonne avec tes valeurs et ton identité. Quand il fait sens, il devient un lieu de croissance, d’expression et de cohérence avec soi-même.
Les trois dimensions du sens du travail
Les chercheurs Coutrot et Perez (2022) ont proposé trois dimensions qui aident à mieux comprendre ce qui donne du sens au travail :
- L’incidence sur le monde — l’utilité sociale.
Quelle est la finalité (but) de ton travail? Quelle contribution apportes-tu à ton entourage, à ta communauté, à la société? - L’incidence sur les normes — la cohérence éthique.
Est-ce que tes valeurs s’y reflètent? - L’incidence sur toi — la capacité de te développer.
Est-ce que ton travail te permet de grandir, de créer, d’apprendre? T’y sens-tu vivant·e?
Ces trois dimensions se vivent différemment d’une personne à l’autre. Leur équilibre influence directement ton sentiment de satisfaction, ton engagement… et ta motivation.
La motivation : ce qui te fait avancer
La motivation, c’est ce qui te pousse à agir. Selon le modèle de Deci et Ryan, elle peut être extrinsèque ou intrinsèque.
- La motivation extrinsèque, c’est quand tu agis pour obtenir une récompense ou éviter une conséquence : un salaire, une promotion, la reconnaissance, la peur de décevoir…
- La motivation intrinsèque, c’est quand tu fais quelque chose par intérêt, par plaisir ou par conviction, parce que ça correspond à qui tu es et à ce que tu veux devenir.
Je t’invite à voir la motivation intrinsèque comme une boussole intérieure : elle t’aide à viser un changement durable, cohérent avec toi-même. Cela dit, les motivations extrinsèques peuvent aussi être utiles à court terme — elles servent parfois de tremplin pour avancer. L’important, c’est de ne pas y rester coincé trop longtemps, au risque de t’éloigner de tes valeurs profondes.
Faire un pas vers plus de sens et de motivation
Les 3 dimensions du sens du travail t’aident à comprendre ce qui compte vraiment pour toi : ton impact sur le monde, la cohérence avec tes valeurs, et ton épanouissement.
Mais comment passer de cette réflexion à l’action concrète? Voici un outil que j’aime beaucoup. Il a été créé par le conseiller d’orientation Louis Cournoyer. Il va t’aider à transformer tes prises de conscience en choix et actions alignées avec ton sens du travail et ainsi raviver ta motivation intrinsèque.
1. Quoi ?
Qu’est-ce que tu veux faire pour changer concrètement ta situation actuelle ? Autrement dit, es-tu capable de nommer clairement le changement que tu vises : ce que tu veux faire, sur quoi tu veux agir et dans quel contexte? Ex. : « Me réorienter vers un poste où je pourrais collaborer (action) avec une équipe engagée (objet) dans un projet à impact social (contexte). »
2. Pourquoi ?
Quelles sont les raisons à origines de cette volonté de changement? Pourquoi ce changement est-il important pour toi ? Pourquoi l’action que tu souhaites faire est l’option la plus pertinente pour toi par rapport à ta situation actuelle, qui tu es et ce que tu veux?
3. Comment ?
D’abord, il y a le comment faire : connaître les étapes, les démarches et les actions concrètes à poser pour avancer vers ton objectif de changement.
Mais il y a aussi le comment être : apprendre à te connaître, à repérer tes angles morts, tes réactions automatiques et ta façon d’interagir avec les autres. Bref, comprendre comment tu fonctionnes lorsque tu vis un changement. Par exemple, sais-tu comment tu réagis quand tu te sens jugé·e ou quand la peur et le doute surviennent? Arrives-tu à reconnaître les moments où tu veux tout abandonner après deux mauvaises expériences, juste parce que tu crois que ça ne marchera jamais?
4. Qui, quand, où ?
Qui peut t’aider ? Quand veux-tu passer à l’action ? Par quelle étape vas-tu commencer? Où peux-tu trouver les ressources dont tu as besoin ?
Conclusion
Trouver ou retrouver du sens au travail, c’est une démarche vivante, faite d’ajustements, d’essais, parfois d’hésitations. C’est accepter d’examiner honnêtement ce qui t’anime, ce que tu veux apporter au monde et ce dont tu as besoin pour te sentir aligné·e.
Et si tu ne trouves pas encore toutes les réponses, ce n’est pas grave. L’important, c’est de rester en mouvement, d’explorer, de t’écouter et de faire un pas à la fois.
Sources : Le pouvoir — temporaire, contextuel et limité — des motivations extrinsèques, Magazine Mon emploi.com, L. Cournoyer (2016). Le sens du travail : pourquoi s’en préoccuper?, site carrefour RH (2025.




