Te connais-tu?

Mes distorsions cognitives

Je dois t’avouer quelque chose…

La rédaction de cet article a été vraiment longue et pénible 😅

Disons que les dernières semaines ont mis ma patience (et mon énergie) à rude épreuve : un hiver qui semble s’étirer à l’infini, une semaine de relâche pas si reposante que ça, un rhume qui refuse clairement de partir et, pour compléter le tout, mon fils qui a attrapé le pied-main-bouche.

Et malgré ça, je me mets quand même de la pression :

👉 « C’est donc ben long! Pis mon texte est donc ben poche! »

Résultat : j’ai recommencé cette publication un nombre incalculable de fois, jamais vraiment satisfaite.

Et en prenant un pas de recul… je me suis rendu compte que toutes ces pensées-là n’étaient pas forcément réalistes.

C’était simplement… des distorsions cognitives.

C’est exactement pour ça qu’aujourd’hui, j’ai décidé de te parler de ce sujet-là.

Parce que si moi je tombe là-dedans, il y a de fortes chances que toi aussi.

C’est quoi, une distorsion cognitive ?

Ton cerveau, lorsqu’il fait du traitement d’information, crée rapidement des raccourcis de pensée pour t’aider à interpréter une situation, à prendre des décisions, à donner du sens à ce que tu vis. Parfois lorsque l’information est traitée trop rapidement, en situation de stress par exemple, ton cerveau peut créer des raccourcis inexacts qui viennent déformer ta perception de la réalité.

Les distorsions peuvent alors générer de l’anxiété, diminuer ta confiance en toi et ta motivation. C’est là que ça devient important d’apprendre à les reconnaître.

Les distorsions cognitives les plus fréquentes

La première étape pour se libérer de tes distorsions cognitives est d’apprendre à les identifier.  Afin de faciliter mon travail et ta compréhension, j’ai décidé de regrouper les distorsions en cinq catégories. Voici donc, pour chacune, une définition, un exemple franchement exagéré (pour te faire sourire un peu) et une question de réflexion pour t’aider à te calmer le pompon. 

1. Simplifier un peu trop les choses

Tu vois les choses en noir ou blanc (succès ou échec). Ou bien tu crois que si quelque chose arrive une fois, elle va toujours se répéter. Bref, ton cerveau oublie de nuancer.

Exemple : « Je viens de commencer ma nouvelle job il y a 1h pis je suis même pas capable de retenir par cœur le nom, le poste et l’adresse courriel des 47 employés de la compagnie…. Ça part mal… »

Exemple : « Mon entrevue s’est vraiment mal passée, y’a jamais personne qui va m’engager! Aussi ben retourner jouer aux jeux vidéo dans le sous-sol de mes parents! »

Question à te poser : Comment pourrais-je voir cette situation de manière plus réaliste et bienveillante ?

2. Focuser sur le négatif

Tu te concentres uniquement sur le négatif pour juger l’ensemble d’une situation pis en plus tu rejettes ou minimises le positif en disant que ça ne compte pas.

 
Exemple : « Après que ma boss m’ait félicité devant tout le monde pendant 3h, mon collègue toujours jaloux pis chialeux m’a dit que j’ai fait une faute dans mon rapport de 198 pages. Aussi ben commencer à vider mon bureau tout suite… »

Question à te poser : Qu’est-ce que je suis en train d’ignorer de positif dans la situation ?

3. Tirer des conclusions sans preuve réelle

Ici, ton cerveau invente des scénarios à partir de peu ou pas d’informations. C’est comme si tout d’un coup tu sortais du cours de divination à Poudlard!

Lire les pensées des autres – Exemple : « Johanne m’a pas salué ce matin.  C’est clair qu’elle pense que je suis incompétente, stupide pis que mon linge est laid! »


Prédire une catastrophe – Exemple : « Ma présentation va être full poche.  C’est sûr que je vais m’enfarger en me rendant en avant, me mettre à bafouiller, que mon ordi va soudainement péter pis que je vais me mettre à brailler devant tout le monde! »

Question à te poser : Suis-je vraiment certain·e que c’est vrai ou que c’est ce qui va arriver ?

4. Confondre ressenti et réalité

Ton cerveau fait en sorte qu’une émotion devient un fait ou une preuve.

Exemple: « J’ai peur de changer de carrière, d’un coup que personne ne m’engage après ma formation, que je perde mon logement, que mon chum me laisse et que je me ramasse à dormir dans une boîte en carton derrière un Tim Hortons…C’est clairement pas une bonne idée, je vais rester technicienne en classement de trombones. »

Question à te poser : Comment puis-je nuancer ma perception ?

5. Te juger et te mettre de la pression

Tu t’imposes des règles rigides et irréalistes. Tu te juges de manière négative et exagérée. Tu te sens responsable alors que tu n’as pas de contrôle sur la situation.

Exemple : « Ça fait un mois que je n’ai pas fait de publication…Je devrais publier au moins 3 fois par semaine! En plus les jokes de ma dernière publication sont vraiment plates… À cause de ça, je vais clairement perdre tous mes abonnés! »

Question à te poser : Quelles sont les preuves que cette pensée est vraie ?

L’importance de prendre du recul

Avant de vouloir changer tes pensées, la première étape c’est de les observer :

  • Qu’est-ce que je suis en train de me dire, exactement ?
  • Est-ce que cette pensée est un fait… ou une interprétation ?
  • Est-ce qu’il existe une autre façon de voir la situation ?

Clairement, tes pensées ont un impact réel sur tes choix et sur la façon dont tu te perçois. Mais elles ne sont malheureusement (ou heureusement) pas toujours le reflet de la réalité…

Apprendre à reconnaître tes distorsions cognitives, c’est développer un regard plus lucide sur toi-même… et sur tes choix.

En orientation, cette nuance peut faire toute la différence entre rester bloquer et avancer.

Sources : David, Burns D. Être bien dans sa peau (2011).

Articles recommandés